Pourquoi utiliser les noms latins pour désigner les plantes ?

Nommer les plantes correctement est indispensable pour savoir de quoi on parle et ce qu’on utilise.

Au quotidien chacun sait que la pomme n’a rien à voir avec la pomme de terre. Qui en revanche fait la différence entre l’oranger doux de Séville et l’oranger du Mexique ? Entre le laurier-tin, le laurier noble, le laurier palme, le laurier rose, le laurier des bois et le laurier jaune ?
 Bien se faire comprendre conduit à éviter l’emploi des noms vernaculaires (c’est-à-dire propres au pays, à la région) quand on évoque l’usage des plantes. Selon les régions et les habitudes, plusieurs appellations différentes peuvent désigner la même plante. A contrario, une même dénomination peur s’appliquer à des plantes différentes. Ainsi le qualificatif de citronnelle s’applique aussi bien à une herbe de l’Océan Indien qu’à la mélisse, une espèce proche de la menthe, voire à une espèce d’armoise ou même à la verveine odorante. Cette dernière n’a aucun point commun avec la verveine officinale ni avec la verveine des Indes, laquelle n’est rien d’autre que la (vraie) citronnelle !
Les notations géographiques indiquent la provenance et uniquement celle-ci. Elles recouvrent parfois des différences plus grandes : les origans de Grèce, d’Espagne ou du Mexique ne sont pas trois origans provenant de trois pays, mais trois plantes appartenant à des genres et à des familles différents (Origanum, Corydothymus, Lippia) et donc de composition différente. De la même façon, si le ginseng de Sibérie croît effectivement en Sibérie orientale, c’est un Eleutherocoque (E. senticosus), plante qui n’a rien de commun avec le vrai ginseng de Corée (Panax ginseng). On comprend aisément que parler des propriétés du ginseng sans préciser de quoi l’on parle est dépourvu de sens.
Ce souci de précision est également indispensable pour évaluer d’éventuls effets indésirables. Ainsi c’est sans doute la confusion de termes chinois voisins qui a conduit il y a quelques années à la substitution du fangji (Stephania tetandra) par du guang-fangji (Aristolochia fangji). Il en a résulté une insuffisance rénale chronique chez des dizaines de patients en Europe et un cancer des voies urinaires pour certains d’entre eux.

Bien dénommer pour savoir de quoi on parle suppose de connaître (ou apprendre) les règles de base de la nomenclature.

 

Le nom scientifique d’une plante est une combinaison de deux mots latins suivis du nom de l’auteur qui le premier a décrit cette plante. Ainsi le nom scientifique du pavot à opium ou pavot somnifère est Papaver somniferum L. Le premier terme Papaver est le nom générique (c’est-à-dire du genre) s’écrivant avec une majuscule, le second terme somniferum est l’épithète spécifique de l’espèce. Rappelons qu’un genre est divisé en espèces et que les genres sont regroupés en familles. La lettre L suivie d’un point est l’abréviation du nom du botaniste suédois Carl von Linné qui a donné à cette plante connue depuis des millénaires une désignation dans la nomenclature créée par lui en 1753.

L’utilisation de la nomenclature évite toute ambiguïté. Alors que l’appellation de citronnelle est imprécise car renvoyant à au moins 4 espèces différentes (voir plus haut), celles de Cymbopogon winterianus Jowitt, de Melissa officinalis L. (la mélisse), d’Artemisia abrotanum L. (une aurone), ou d’Aloysia triphylla Britt. (la verveine odorante) ne laissent aucune place au doute pour le lecteur averti.
En pratique les dénominations retenues par les pharmacopées constituent une base solide sur laquelle on peut s’appuyer. A condition toutefois de compléter cette nomenclature botanique d’une définition de la drogue végétale ou partie de la plante concerné par l’usage médical.

A suivre…

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