Yggdrasil

Au-delà des ténèbres… l’Étoile polaire

Fêtes de Noël, avec leur sapin, leur repas de famille, leurs cadeaux… n’y aurait-il pas autre chose derrière cette tradition ? Et si c’était un héritage d’anciennes traditions chamaniques  ? Fêtes de Noël et chamanisme   : venez avec moi pour un petit voyage guidé dans un pays mystérieux au-delà du temps.

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Avant que le Père Noël n’existe, il y avait les sorciers et les sorcières.


En l’Europe ancienne et jusqu’à la Renaissance, comme dans toutes les traditions chamaniques de partout dans le monde, des personnes pas comme les autres avaient l’habitude de voyager autrement qu’avec leur corps physique.
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Au centre de leur maison (hutte, igloo, tipi, yourte…) ou du lieu de cérémonie, il y avait un arbre. Toutes les anciennes traditions parlent d’un axis mundi – axe du monde – autour duquel tourne l’Univers. Autour de cet arbre, l’officiant – qu’on l’appelle sorcier, druide, mage, chamane… – voyage au-delà du monde du milieu, celui dans lequel nous évoluons. Il va vers le monde d’en bas ou le monde d’en haut, guidé par un animal aidant. Il ou elle y va chercher conseil, guidance, guérison, force : des cadeaux qu’il ramène pour des personnes ou pour des communautés.
La fumée du feu sacré, des fumigations, voire du calumet facilite le voyage. Elle permet la communication entre le monde matériel et les mondes subtils.

En Europe, cela s’appelait le « vol de sorcière », et des gravures témoignent de leur envol à travers la cheminée, avec la fumée, portées initialement par un animal ou plus tard par un balai. La même chose a lieu ailleurs également : en Amérique du Sud ou du Nord, en Sibérie, Mongolie… c’est ce qu’on connait maintenant sous le nom de « voyage chamanique  » .

Sorcières s’envolant vers un sabbat – Gravure du XIXème siècle

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Fêtes de Noël et chamanisme

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Chez les populations autochtones du nord de l’Europe, le renne a une importance particulière et une place privilégié parmi les animaux ; comme dans la vie matérielle, il accompagnait aussi lors des voyages dans les mondes subtils.
Le guide vers le monde d’en haut est l’Étoile polaire, ou Étoile du nord, car elle se situe dans l’alignement de l’axe de rotation de la Terre dans l’hémisphère nord : elle représente donc une sorte d’axe central de la nuit, alignée avec le mât qu’est l’axe de rotation de la Terre.

Le sapin de Noël nous vient aussi chargé de symboles, nous ouvrant aux mystères du voyage reliant les mondes. L’étoile placée en haut de l’arbre nous relie symboliquement à l’Étoile polaire et les bougies l’accompagnant traditionnellement sur les branches rappellent les autres étoiles. Les anges et autres figurines, maintenant associés à la tradition chrétienne, évoquent les esprits alliés qui guident et aident les chamanes. Les guirlandes relient l’ensemble, nous rappelant la grande Toile du Monde.

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Yggdrasil – Gravure attribuée à Oluf Bagge

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Traverser la nuit pour naitre au nouveau « Je suis »

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt,
il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
 »
Évangile selon Saint Jean

Le Père Noël nous emmène donc dans des temps mythiques et nous apporte les cadeaux des mondes subtils : après le voyage dans les ténèbres, vers des mondes inconnus et lointains, il vient porteur de présents de lumière.

Comme pour le Père Noël, cette période de l’année, autour du Solstice d’hiver, parle aussi à chacun d’entre nous de la nécessité de traverser nos zones d’ombre, notre nuit intérieure. Comme la nature qui est au maximum de son mouvement centripète, il est bon pour nous de descendre dans notre intériorité, d’écouter nos profondeurs et d’accueillir ce qu’en temps normal on fait semblant de ne pas voir : nos tristesses, colères, envies…
C’est le moment de se tourner vers l’année écoulée pour se regarder depuis un plan plus élevé et plus objectif que lors de notre train-train quotidien.

Ce n’est qu’en acceptant que le vide en soi se fasse réellement, sans le fuir, sans chercher à le combler, que l’on permet à notre Soi profond de se révéler. Car tout comme la graine doit mourir à elle-même pour permettre l’éclosion du germe, de même nous devons accepter de laisser partir ce qui ne nous fait plus grandir pour permettre à notre nouvel enfant divin intérieur de naître au monde.
Il y a toujours des ténèbres dans la lumière (du yin dans le yang) et le germe de la lumière dans le plus fort des ténèbres (du yang dans le yin).

Alors avant de plonger vos regards dans la hotte du Père Noël, levez les yeux vers l’Étoile polaire et laissez vos pensées cheminer sur la Voie lactée…


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