Pour notre microbiote les huiles essentielles sont nos amies (partie 2)

Comment lutter contre un déséquilibre du microbiote ?
Les huiles essentielles et les probiotiques sont-ils utiles ?

 

Le déséquilibre de la flore intestinale va entraîner une pullulation bactérienne, virale ou de champignons au niveau de l’ensemble du tube digestif : de la cavité buccale au côlon.
Avant toutes choses, sachez que le microbiote est vivant. Par conséquent, il ne se désinfecte pas : pas d’argent colloïdal, pas d’huiles essentielles en gouttes ou en capsules à trop fortes doses et pendant de trop longue période. Nous verrons comment ces huiles essentielles peuvent être utilisées à bon escient. Pas d’antibiothérapie non plus. Le microbiote se traite et se rééquilibre.
Les principaux micro-organismes impliqués dans la pullulation, notamment au niveau buccal sont des virus : Epstein-Barr (virus de la mononucléose infectieuse), herpès, Cytomégalovirus associés à des bactéries souvent multi résistantes aux antibiotiques (des mycobactéries, mais aussi Propionibactérium acnes, bactérie impliquée dans l’acné) ou des levures (Candida albicans). Un examen sur un frottis gingival permet d’identifier les micro-organismes en cause.
Lutter contre le déséquilibre de la flore intestinale consiste donc à éradiquer le plus rapidement possible ces germes.

 

  1. Les probiotiques

Les probiotiques sont souvent présentés comme nécessaires pour rééquilibrer la flore intestinale. Leur action n’existe qu’au niveau du côlon et reste limitée. Ils ne changent pas la flore, ils la rééquilibrent.

En revanche, ils sont complètement inutiles pour pallier à une fermentation au niveau de l’estomac ou au niveau du grêle : leur pullulation ne faisant qu’aggraver les choses, notamment la distension d’un estomac qui se vide mal, ils renforcent les ballonnements.
Les probiotiques qui peuvent être conseillés pour le côlon doivent être vivants (25 milliards de bactéries par jour) associés à des prébiotiques (qui sont des fibres comme l’inuline ou le fructane).
Les prébiotiques peuvent entraîner des dérangements intestinaux. Il ne faut pas hésiter à en diminuer les doses : après ajustement de la posologie, les selles se normalisent. Les probiotiques sont absorbés dans de l’eau tiède le matin, un quart d’heure avant le petit déjeuner (donc à jeun) afin de ne pas être détruits par l’acidité gastrique. Les principales bactéries utilisées sont des lactobacilles (Acidophilus, Rhamnosus) et des bifidobactéries.
Les sources alimentaires des probiotiques sont les laits fermentés (lait ribot, kéfir), la crème aigre, le komboutcha, le kéfir de plantes, les fruits fermentés, les légumes lacto-fermentés (choucroute crue).

  1. Les huiles essentielles

Les huiles essentielles aident à diminuer les flores bactériennes trop abondantes notamment les Firmicutes, souvent anaérobies et extrêmement résistants aux antibiotiques ou les Bactéroïdes plus sensibles.
Les Firmicutes sont éradiqués par l’huile essentielle de Cannelle de Ceylan écorce (Cinnamomum zeylanticum) ou une huile essentielle à eugénol comme le Clou de Girofle (Eugenia caryophyllata) à faible dose.
Les Bactéroïdes sont jugulés par l’huile essentielle de Menthe poivrée (Mentha piperita) ou de Thym à thujanol (Thymus vulgaris thujanoliferum) qui soutient par ailleurs le foie.
Candida albicans, responsable des candidoses, est sensible aux huiles essentielles phénoliques à thymol ou carvacrol : Thym à thymol (Thymus vulgaris thymoliferum), Clou de Girofle (Eugenia caryophyllata), Origan compact (Origanum compactum) ou les Cannelles. Ces huiles agissent sur la phase de sporulation du champignon en provoquant une altération de la membrane, ce qui entraîne pour le champignon une perte en ions et en macromolécules.

 

Selon le type de fermentation, les synergies préconisées sont ensuite différentes.

S’il s’agit d’une fermentation avec production d’hydrogène (au niveau du grêle) avec une intolérance au fructose ou au lactose, l’association Thym à linalol – Menthe poivrée améliore grandement la situation. Le thym à linalol est non seulement antimicrobien, mais également antifongique tout en augmentant l’immunité.

Dans le cas d’une fermentation avec production de méthane qui se produit au niveau du côlon lors d’épisode de constipation, les patients réagissent mieux à une synergie associant là encore Thym à linalol et Menthe poivrée mais aussi Origan compact, Cannelle de Ceylan et Clou de Girofle.

S’il s’agit d’une fermentation avec production de méthyl acétate, la situation est plus complexe : si la production est faible c’est vraisemblablement une maladie de Crohn traitée alors par le mélange Origan compact – Cannelle de Ceylan car Mycobacterium avium qui est en cause est très résistant. Si la production est plus importante, on se trouve devant une insuffisance pancréatique, une maladie cœliaque ou une abrasion de l’intestin grêle consécutive à une utilisation excessive d’huiles essentielles (à fortes doses pendant trop longtemps) ou suite à un traitement par du Roaccutane®. Dans ce cas, le mélange Citron – Gingembre – Arbre à thé convient.

En appoint, le sulfate de magnésium est utilisé pour lever in blocage au niveau du duodénum et aider à la vidange de l’estomac.

Au niveau buccal, la lutte contre les mycobactéries et les virus qui entraînent des aphtes, des herpès, des langues fissurées, des gingivites associent aux huiles essentielles retenues (Thym à thujanol, Gingembre, Menthe poivrée, Tea-tree) des champignons : Coriolus versicolor, le Reishi (Ganoderma lucidum) et le Shiitaké. En cas de dysbiose, le champignon Laetiporus est recommandé.

L’utilisation des huiles essentielles dans toutes ces pathologies est d’un usage délicat et doit être bien pensé. Il est réservé à un professionnel de santé.

 

(à suivre)


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