Les études sont formelles : rien de tel que la sieste pour doper notre santé… et notre productivité. Pourtant, piquer un somme au bureau reste encore très mal vu.
C’est bien dommage, car ce n’est pas l’apanage des feignants : elle répond à un besoin biologique qui concerne tous les êtres humains. Des expériences ont montré que des sujets, isolés du monde extérieur, adoptent naturellement deux phases de repos. L’une correspond au sommeil nocturne ; l’autre, beaucoup plus courte, survient en général un peu avant 16 heures.
Cette sieste de début d’après-midi a un effet régénérateur, surtout si la nuit précédente a été courte ! Or un tiers des Français dort moins de 6 heures, soit un déficit de sommeil régulier.
La sieste permet à l’organisme de récupérer, elle a des vertus physiologiques : faire une sieste de trente minutes trois fois par semaine réduirait de 37% le risque de crise cardiaque et de complications cardio-vasculaires. De plus, le manque de sommeil dérègle notre système immunitaire et nous rend plus sensible aux infections.
La sieste a également un effet bénéfique sur nos aptitudes intellectuelles. Elle exerce sur notre cerveau une action réparatrice qui stimule notre créativité et notre concentration mentale. Il a été révélé que les personnes ayant dormi trente à quarante minutes dans l’après-midi augmentaient leurs performances en termes de réflexes, de rapidité et de précision.
Le neurobiologiste Matthew Walker, de l’université de Berkeley, a même montré qu’un petit somme effectué dans la journée accroît nos capacités neurocognitives, et plus particulièrement notre faculté de mémorisation.
Quelques minutes suffisent
Inutile de dormir longtemps pour obtenir ces résultats. Une sieste de six minutes est aussi efficace qu’un repos d’une heure pour améliorer le processus de mémorisation. Au-delà de trente minutes, on ressent ce que les spécialistes appellent «l’inertie du sommeil» : on est groggy, on a du mal à émerger et on se sent grognon. Tandis qu’un repos éclair permet de se sentir de meilleure humeur.
Seulement voilà, essayer de pratiquer ceci est très souvent perçu comme un plaisir coupable : les salariés s’y adonnent en cachette, en s’isolant dans leur voiture, parfois même dans les toilettes, tant elle est mal vue au bureau. Car en Occident, les entreprises ont encore beaucoup de mal à percevoir tous les bénéfices de la sieste. Dans certains pays d’Asie, en revanche, elle est une pratique courante. Aux Etats-Unis, depuis une dizaine d’années, de plus en plus d’entreprises s’y intéressent, et 10% des employeurs américains auraient mis des lieux de sieste à la disposition de leurs collaborateurs et 33% valoriseraient (ou du moins toléreraient) la pratique.
Un fauteuil, c’est tout…
A la limite, il n’y a même pas besoin de consacrer un lieu à la sieste. Il est tout à fait possible de bien dormir une vingtaine de minutes dans un fauteuil de bureau ou sur un tapis de sol. Cela ne coûte rien à l’entreprise. L’essentiel, c’est que les managers comprennent l’importance de ce repos récupérateur et qu’ils l’encouragent.
Allez, bonne sieste !