Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens

On se pose beaucoup de questions à propos des perturbateurs endocriniens. Les risques qu’ils représentent sont souvent mal connus. Plus de 800 produits, selon un récent rapport de l’OMS,  sont connus ou soupçonnés d’interférer avec le système hormonal.
Une certitude et une conduite à tenir : Non on ne peut pas les éviter, ils sont partout.
Pourtant on peut limiter son exposition : en mangeant bio, en fabriquant soi-même ses cosmétiques et les produits d’entretien de la maison.

Qu’entend-on par perturbateurs endocriniens ?

Ce sont des substances qui affectent le système endocrine. Ils imitent les hormones naturelles et interfèrent avec le système hormonal. Ils vont produire des effets négatifs sur un individu ou une population ou sa descendance.

Ils sont dangereux pour plusieurs raisons :
– Nous sommes exposés à des dizaines de ces produits, l’exposition est continue. En outre, ils sont associés à des métaux lourds ou des substances allergisantes.
– Ils traversent le placenta : un enfant est contaminé non pas à sa naissance mais dès sa conception. Ils sont ainsi suspectés de pouvoir perturber le développement de l’organisme de l’enfant dès la vie in utero, avec des répercussions qui pourraient s’exercer dès la naissance en entraînant des cas de prématurité, des malformations congénitales ou des diminution du poids ou plus tardivement, jusqu’à l’âge adulte en altérant les capacités de reproduction ou augmenter le risque de maladies métaboliques (cancers, diabète).
– Les 2/3 de ces substances interfèrent avec la signalisation par l’hormone thyroïdienne : celle-ci est indispensable à la construction du cerveau humain. Ce qui expliquerait l’augmentation des maladies neurocomportementales (comme l’autisme) ou la baisse du QI constaté ces dernières décennies.

 

Où se trouvent les perturbateurs endocriniens ?

Malheureusement, on les retrouve partout : dans les forêts primaires ou les fonds marins profonds (notamment des PCB ou polychlorobiphényle).
Dans l’air, les poussières de maison, l’ameublement, l’eau, les plastiques, les mousses, nos vêtements, nos ustensiles de cuisine mais aussi dans tous les plastifiants, pesticides, cosmétiques, retardateurs de flamme ou surfactants (utilisés pour l’imperméabilisation des tissus), par exemple.

 

Peut-on les éviter ?

Non, pas totalement, et nous en sommes tous contaminés ; nous sommes exposés à de faibles doses en continu. Il faut savoir qu’une très faible dose peut suffire pour augmenter les risques d’apparition de maladies liées au système hormonal. De plus, la détermination de seuils d’exposition, en deçà desquels il n’y aurait pas d’effets délétères, est difficile à apprécier car c’est supposer que les perturbateurs endocriniens n’agiraient pas justement en-dessous de certains doses. Il est très probable que de tels seuils n’existent pas, d’autant que nous sommes exposés à une multitude de produits dans un environnement contaminé par d’autres polluants (métaux lourds, nanoparticules).

Mais tout espoir n’est pas perdu pour autant !
Par exemple, nous pouvons limiter l’exposition en mangeant bio ; nous diminuons ainsi la concentration de pesticides dans nos urines pratiquement du jour au lendemain.
Nous pouvons également limiter notre exposition aux cosmétiques (les choisir sans parabens ou phtalates, triclosan dans les dentifrices et savons).
Enfin, l’iode est un élément essentiel pour synthétiser l’hormone thyroïdienne, d’où importance du sel iodé dans l’alimentation. 150 ug/j sont nécessaires pour une femme enceinte.

 

Face à ce fléau, la réglementation européenne est aujourd’hui bien timide. La Commission Européenne a élaboré ses propres éléments de preuve pour éviter une réglementation trop sévère de ces substances dangereuses. Les industriels visés restent étonnamment muets. Dans quelques rares cas, les ingrédients les plus connus par les consommateurs ont été retirés : parabens, phenoxyéthanol, triclosan.
Bien souvent, ils subsistent dans la formulation de produits vendus en grande distribution ou en pharmacie.

Ces perturbateurs endocriniens sont encore plus préoccupants dans les produits non rincés.
Des précautions particulières seront à prendre pour les enfants de moins de 3 ans, mais aussi les adolescents et les femmes enceintes.


Quelques exemples de perturbateurs endocriniens

BHA
Il est utilisé comme antioxydant dans des produits de traitement des cheveux, des crèmes hydratantes.
Dans certains produits comme le Mitosyl, le BHA est appelé butylhydroxyanisole.
C’est un perturbateur endocrinien mais il est également toxique pour la reproduction et est classé comme cancérogène possible par le CIRC.

Butyl-, propylparaben et leurs sels de sodium ou de potassium
Ils sont trop souvent présents, car utilisés comme conservateurs dans des laits corporels, des crèmes pour le visage ou pour les mains, les pieds, des crèmes solaires, des fonds de teint, des déodorants, des gels-douche, des shampooings, des dentifrices… des lingettes pour bébé supposées être utilisées sur le visage ou les mains !
Parfois remplacés par de la méthylisothiazolinone (MIT), afin de vendre le produit avec l’appellation « sans parabens »,  mais qui s’avère allergisant. Depuis 2016, ce produit est interdit en mélange avec le méthylchloroisothiazolinone (MCIT) dans les produits non rincés.
Certains parabens sont aujourd’hui interdits (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl et phénylparaben) ; d’autres ont été blanchis, notamment ceux à courte chaîne (methyl et ethylparaben) mais les butyl et propylparaben restent autorisés.
Dans certains produits (dentifrices, crèmes), le propylparaben est appelé parahydroxybenzoate de propyle ou sodique pour le sel correspondant.

Ethylhexyl methoxycinnamate
Il s’agit d’un filtre UV largement répandu car il n’est pas réservé aux produits solaires. On le trouve par exemple dans des sticks pour les lèvres appliqué quotidiennement et dont de faibles quantités peuvent être avalées.
Il perturbe la fonction thyroïdienne et les œstrogènes.

Triclosan
C’est un antibactérien que l’on retrouve dans des dentifrices, des déodorants, des bains de bouche… Il se fait plus rare quand il n’est pas remplacé par le mélange MIT-MICT.

Benzophenone-1 et -3
Ce sont des filtres UV protègeant des UV les produits conditionnés dans des flacons transparents (eaux de Cologne, déodorants, vernis à ongles).
Outre leur action comme perturbateurs endocriniens sur la base d’une faible activité œstrogénique, ce sont des allergènes non irritants.

Cyclopentasiloxane, cyclotétrasiloxane, cyclomethicone
Ce sont des émollients (adoucissants de la peau) retrouvés dans des laits corporels, diverses crèmes, déodorants en spray (risque en cas d’inhalation).
Le cyclotetrasiloxane est également toxique pour la reproduction.

BHT
C’est un antioxydant fréquemment utilisé pour remplacer le BHA comme antioxydant pour éviter l’oxydation de la phase grasse des émulsions, qui est susceptible de rancir. Le BHT, proche par sa structure du BHA semble être un perturbateur endocrinien. Les autorités européennes sont saisies pour réévaluer ses effets sur la reproduction, ainsi que son éventuelle action cancérogène.

Pour aller plus loin :
Comment fabriquer ses cosmétiques soi-même ? Atelier cométique avec les huiles essentielles
Barbara Demeneix : « Le cerveau endommagé. Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale »
Un lien de Que Choisir: Décryptage des molécules toxiques.


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