Risques de la consommation des boissons énergisantes

Un rapport de l’Anses révèle les risques induits par la consommation des boissons énergisantes. Et demande que leur promotion soit mieux encadrée.

30 à 50 % d’enfants, adolescents et jeunes adultes consomment plus ou moins régulièrement des boissons énergisantes. Leur marché se développe à grande vitesse, selon une croissance à deux chiffres, depuis que la commercialisation a été autorisée en France.

Il s’en vend 40 millions de litres par an, dont plus de 41% sous la marque Red Bull, suivie par les marques de distributeurs, qui contrôlent plus de 25% des ventes devant Monster (14%), Burn (copie de Red Bull lancée par Coca-Cola), Dark Dog ou Truc de Fou. Près de neuf millions de jeunes de plus de 14 ans consomment ce type de boissons, pour lesquelles il n’existe pas de cadre réglementaire spécifique.
Selon une enquête commandée par l’Anses, 17% des consommateurs de boissons énergisantes ont entre 14 et 25 ans, 41% boivent déjà du café, 17% « se donnent des ailes » pendant une activité sportive et 33% le font dans les bars, les discothèques ou lors de soirées festives.

Plusieurs rapports ont mis en évidence de nombreux effets secondaires
Dans un avis rendu public, l’Anses (l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) considère que ce type de boisson se révèle risqué et même mortel pour ceux qui souffrent de cardiopathies bénignes, généralement non diagnostiquées.
C’est la conclusion de l’expertise de quelque 257 cas signalés de troubles cardiaques ou neurologiques, suite à la consommation de boissons énergisantes, le plus souvent en association avec de l’alcool ou une pratique sportive. 25 de ces cas ont été retenus comme « imputables de manière vraisemblable et très vraisemblable » à la dégustation de ces boissons. Parmi lesquels un arrêt cardiaque fatal. Une jeune fille de 16 ans est morte juste après s’être arrêtée de danser en discothèque et avoir mixé alcool et boisson énergisante.

Pas de sperme de taureau, mais un marketing habile
1. Le cocktail Red Bull, c’est d’abord de « l’eau des Alpes suisses et autrichiennes » à laquelle s’ajoutent la taurine et de fortes doses de glucurunolactone. Totalement inoffensif alors, pourrait-on penser.
2. Mais l’essentiel c’est un chef-d’œuvre de communication contournant les grands médias, phagocytant les événements festifs et sportifs, et produisant les meilleurs groupes musicaux.


Que contiennent les boissons énergétiques ?

Caféine (~80 mg)
Le taux de caféine est 4 à 5 fois supérieur à celui des sodas habituellement consommés. La caféine est également présente dans certains extraits de plante présents dans ces boissons. Ainsi, les boissons énergisantes en contiennent généralement 80mg par canette de 250ml.
La caféine procure des effets excitants, variables d’un individu à l’autre. On relève surtout des effets secondaires cardiovasculaires. C’est d’abord elle qui « donne des ailes ».
Pourtant, une canette n’équivaut qu’à deux capsules de café, ce qui parait tout-à-fait anodin. Seulement, quand on prend du café, on sait ce que l’on fait. Avec les boissons énergisantes, et demain avec des chewing-gums énergétiques, c’est à son insu qu’on en absorbe.

Taurine (420mg – 1g)
C’est un acide aminé soufré qui augmente la contractilité des muscles. La teneur est différente d’une boisson énergisante à une autre, variant de 420mg à 1g, donc de très fortes concentrations.

Glucuronolactone (~600mg)
C’est est un sucre dérivé du glucose, dont les apports naturels seraient de l’ordre de 1 à 2 mg/jour. Une canette de boisson énergisante contient une quantité équivalente à environ 600 jours d’apports alimentaires !

Vitamines du groupe B
La consommation de deux canettes suffit pour atteindre et/ou dépasser le seuil de toxicité établi pour les vitamines B3 et B6. La dose maximale absorbable est également dépassée pour la vitamine B12. Quant à l’acide nicotinique ou vitamine B3(~ 20mg), il n’y a pas de besoin alimentaire spécifique, car l’organisme en fabrique naturellement.

Ginseng (~ 80mg)
Contrairement à beaucoup d’idées préconçues, aucun effet stimulant sur les performances n’a actuellement été démontré.

Glucides (~ 112g/l)
Si la boisson est consommée avant un effort, ils peuvent conduire à des hypoglycémies réactionnelles se manifestant par une faiblesse généralisée, maux de tête, baisse de la vigilance et contre-performance.


De nombreux effets secondaires

De nombreux effets secondaires ont été mis en évidence :
·Convulsions
·Tachycardie, troubles du rythme cardiaque
·Hypertension artérielle
·Diabète
·Troubles du sommeil
·Troubles du comportement et de l’humeur : conduite agressive, violence, irritabilité, hallucinations

On se focalise trop souvent sur les substances contenues dans ces boissons pour expliquer leurs effets, alors qu’il s’agit surtout du contexte de consommation qui expose le consommateur à un danger !

Des interactions avec des médicaments

Augmentation des effets de l’alcool
La caféine masque ou réduit les effets de l’alcool et de la fatigue physique et conduit ainsi l’individu à surestimer sa résistance à l’alcool qui de plus, « potentialise les troubles du rythme cardiaque induits par la caféine chez les personnes prédisposées ».
Conduites à risque augmentées
Une étude publiée en 2008 dans la revue Journal of Adolescent Health, auprès de 795 étudiants new yorkais a montré que les personnes consommant beaucoup de boissons énergisantes, soit six fois ou plus par mois, avaient en moyenne trois fois plus de risques que les faibles consommateurs et les non consommateurs d’être fumeurs, d’avoir abusé de médicaments, mais aussi de s’être battus violemment durant l’année précédant l’étude. D’autre part, ils avaient deux fois plus de risques de fumer de la marijuana et d’avoir une consommation problématique d’alcool.

Consommation lors des efforts physiques
Les boissons énergisantes ne sont pas adaptées aux efforts physiques, quels que soit le niveau et l’intensité pratiqués. Cela concerne la pratique d’un sport, mais aussi des activités physiques de détente ou de loisir. Elles ne répondent pas aux besoins de l’organisme à l’effort pour plusieurs raisons.
·Elles ne nourrissent pas bien l’organisme car trop concentrées, trop sucrées et dépourvues de minéraux.
·Les substances excitantes contenues dans ces boissons, dont la caféine, sont de nature à perturber l’adaptation du cœur à l’effort, source de trouble du rythme et de malaise cardiaque.
·La caféine est également un puissant diurétique qui entraîne une perte d’eau et de minéraux par les urines, ce qui favorise la déshydratation.
·L’effet excitant induit par ces boissons peut également devenir un handicap. Lorsque cette excitation devient trop intense, elle engendre stress, irritabilité et déconcentration, ce qui nuit à la performance sportive.


Présentation effectuée lors du congrès annuel de la Radiological Society of North America

Selon les données d’une étude présentées lors du congrès de la RNSA, qui s’est tenu en décembre à Chicago (États-Unis), les adultes en bonne santé qui consomment des boissons énergisantes présentant des concentrations de caféine et de taurine élevées ont vu, une heure plus tard, leur fréquence cardiaque augmenter de manière significative.
Pour réaliser l’étude en cours, les investigateurs, issus de l’Université de Bonn, ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cardiaque afin de mesurer les effets de la consommation de boissons énergisantes sur la fonction cardiaque chez 18 volontaires en bonne santé (15 hommes et trois femmes) âgés, en moyenne, de 27,5 ans. Chaque volontaire s’est soumis à une IRM cardiaque avant la consommation d’une boisson énergisante contenant de la taurine (400 mg/100 ml) et de la caféine (32 mg/100 ml), puis une heure après.
En comparaison avec les images à l’inclusion, les résultats de l’IRM cardiaque réalisée une heure après la consommation de cette boisson énergisante par les participants de l’étude ont révélé une augmentation significative du pic de contrainte et du pic de contrainte systolique dans le ventricule gauche. Aucune différence significative n’a été observée entre les images initiales et le second IRM en termes de fréquence cardiaque, de pression artérielle ou de volume de sang éjecté par le ventricule gauche.
« Les risques cardiaques à long terme associés à la consommation de boissons énergisantes demeurent inconnus, » a indiqué l’auteur de l’étude, Jonas Dörner, M.D., qui recommande toutefois que « les enfants et les individus présentant des arythmies cardiaques connues évitent ce type de boisson, dans la mesure où les modifications affectant la contractilité sont susceptibles de déclencher des arythmies ».


Conseils
·Eviter de consommer ces boissons, mais si vous le faites, consommer au maximum une demi canette par jour ;
·Ne pas associer à de l’alcool, ni des médicaments ayant une action sur le système nerveux central ou des effets neurologiques.

Recommandations de l’Anses
Elle appelle les pouvoirs publics à « garantir l’information des publics sensibles » et à déconseiller la consommation des boissons énergisantes pour les enfants, les femmes enceintes et les adolescents et dans les enceints sportives.


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