Pervenche de Madagascar ou l'essence d'une plante

L’essence d’une plante: se protéger, séduire, communiquer.

Arrêtons-nous un instant et posons-nous la question : quel usage la plante tire-t-elle des huiles essentielles ? D’où vient la bienveillance de l’essence ? Que cherchent-elles à nous dire pour peu que nous sachions l’écouter ?

Au fil du temps et de l’évolution, certaines plantes ont, en effet, découvert la capacité de synthétiser des huiles essentielles. Elles sont devenues « aromatiques ». Si les essences ainsi produites ne sont pas des composés indispensables à la vie comme les sucres, les lipides ou les acides nucléiques, il serait hasardeux de les considérer comme des substances de second plan.

Ces essences sont largement impliquées dans les interactions de la plante avec son environnement notamment la dissémination des semences, la pollinisation. Elles sont aussi impliquées dans la défense des végétaux.

Aujourd’hui comme hier l’homme s’est attaché à comprendre le message véhiculé par ces merveilleuses substances : la médecine traditionnelle mais aussi allopathique se sont développées en utilisant l’essence de la plante ou des molécules purifiées issues du monde végétal.

 

L’huile essentielle est une « information circulante »

De nombreuses huiles essentielles possèdent des propriétés antibactériennes, antivirales ou antimycosiques protégeant ainsi la plante contre les bactéries, les virus ou les champignons. D’autres essences agissent sur les insectes ou les prédateurs herbivores en les dissuadant ou en les repoussant par ces parfums volatils appropriés entourant la plante et formant une sorte d’aura. Dans d’autres cas, la stratégie de la plante est suffisamment sophistiquée pour attirer les prédateurs de ses propres prédateurs.

Certains arbres adoptent une stratégie analogue de protection en cas d’agression par un parasite ou un champignon en envoyant un message chimique à leurs congénères pour que ceux-ci fabriquent à leur tour une substance qui les protégera de l’agression. L’éthylène ainsi émis provient des feuilles ou des radicelles.

L’essence est ainsi une information circulante utile entre la plante et son environnement avec des éléments hostiles ou bienveillants ou pour limiter la prolifération d’espèces concurrents par une action antigerminative.

 

Cette action peut être utilisée avec profit pour qui cultive son jardin. L’huile essentielle de Basilic est ainsi un remarquable désherbant naturel. Quelques gouttes dans son arrosoir en ajoutant du savon liquide bio permettent d’obtenir une solution naturelle contre les mauvaises herbes.

L’huile essentielle de clou de Girofle possède des propriétés insecticides et insectifuges. Elle est diluée dans un flacon-spray dans de l’eau avec une goutte de liquide de vaisselle bio.

Enfin, l’huile essentielle de Menthe poivrée est particulièrement adaptée pour lutter contre les pucerons : l’huile essentielle est diluée dans un mélange d’huile végétale et d’eau. La préparation est ensuite bien agitée et pulvérisée sur les zones infestées

L’huile essentielle participe à l’équilibre thermique des plantes

L’évaporation rafraîchissante des essences protège le végétal de la chaleur. Ainsi les buissons de myrrhe (Commiphora myrrha) et de l’encens (Boswellia carterii) sont remarquablement adaptés à leur environnement désertique. Ils sont capables de se protéger du soleil de la Corne de l’Afrique en filtrant les rayons solaires grâce à ’un « nuage » d’huile essentielle les entourant. La vapeur de leur résine se dégage à partir de leurs glandes résineuses.

L’huile essentielle communique avec les insectes pollinisateurs

L’émission de parfum est étroitement liée à la maturité sexuelle des fleurs. Il faudra en tenir compte pour déterminer le moment de la cueillette de certaines plantes aromatiques. La plante cherche à séduire par le jeu des couleurs et des parfums les insectes pollinisateurs. L’essence participe ainsi à la reproduction de la plante.
C’est ainsi qu’un chèvrefeuille buissonnant du genre Lonicera ne dégage pleinement son parfum que pendant la nuit. L’insecte pollinisateur est un papillon nocturne

L’huile essentielle constitue une réserve énergétique pour la plante

Elle supplée à une diminution de l’activité de photosynthèse qui survient par temps couvert ou pluvieux. L’essence est une réserve énergétique pour la plante.


Bien d’autres merveilles restent à découvrir, des secrets aussi passionnants que la rencontre nocturne d’un chèvrefeuille et d’un papillon nocturne. Mais souvenons-nous qu’avant de nous être bienveillantes, les huiles essentielles le sont pour les plantes elles-mêmes.

Soyons attentifs à ce qu’elles nous disent.

L’avenir appartient à l’homme qui saura parler aux plantes.

 

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4 réponses
      • Alina
        Alina dit :

        Proposition de formule pour éloigner les fourmis : sur un coton, imbibez 2 gouttes d’HE de Clou de Girofle et déposez-le dans les zones de prédilection des insectes.
        Et pourquoi pas une formule du type :
        HE Clous de girofle : 20 gouttes
        HE Menthe poivrée : 20 gouttes
        HE Géranium : 10 gouttes
        HE Romarin à cinéole : 10 gouttes
        Vinaigre de cidre : 50 ml

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